Je devrais être en train de travailler. Mais travailler à quoi ? C’est bien là le problème : je dois rendre un travail demain à 16h30 et je n’ai absolument au-cu-ne idée. « Empreintes du temps », mais je préférerais l’empreinte de mon corps sur mon lit en fait. Alors, puisque je ne sais pas quoi faire et que les débats sur Facebook avec mon frère ne me font pas vraiment avancer (aussi intéressants soit-ils), je vais tenter une petite expérience.
Au lieu de tourner en rond dans ma chambre en agitant les bras avec le fol espoir que ça brassera quelques idées, je vais poser ma pensée ici, au fur et à mesure qu’elle se construit. Avec un peu de chance, je finirai peut-être par trouver quelque chose…
D’abord, observer le sujet.
Empreintes du temps : traduire plastiquement (en deux dimensions) le passage du temps. Prendre conscience du fait que l’expression à travers une œuvre d’une notion abstraite telle que le passage du temps, peut relever du processus même de la réalisation de l’œuvre, des moyens employés.
Ouiii… Donc en fait, il ne s’agit pas d’illustrer le passage du temps mais que la manière même dont je vais réaliser mon projet traduise ce passage. Par exemple, un artiste avait fait un feu dans une bibliothèque puis enlevé les rayonnages ; restait la silhouette des livres, incroyablement détaillée. C’est en gros ce qu’il faut faire si je comprends bien.
Alors comme je ne vais pas risquer de faire partir ma maison en flammes, je vais essayer de trouver quelque chose de plus modeste. D’abord, qu’est-ce que le temps exactement ? Comment définir le temps ?
D’après le Larousse (2001, oui mais bon, ça n’a pas dû beaucoup changer depuis) :
Durée dans laquelle se succèdent les évènements, les jours, les nuits, etc.
Mouais bon, on s’en fout.
D’après Wikipédia :
Le temps est un concept développé par l’être humain pour appréhender le changement dans le monde.
C’est déjà plus intéressant. Ça parle de concept, d’être humain mais surtout de moyen d’appréhender quelque chose et de changement. Bon, c’est vrai qu’il n’y avait pas vraiment besoin d’aller voir sur Wikipédia pour trouver le changement, mais bon.
Un moyen d’appréhender le changement, ça peut être une bonne piste : comment constate-t-on le changement ? Par la détérioration souvent, par la disparition ; ce qui nous mène à l’absence. Or, comment constater l’absence de quelque chose si cette chose n’a pas existé auparavant ? Il y a peut-être quelque chose à trouver dans cette idée du passage : quelque chose était là, mais ne l’est plus.
Idée : une scène ou une composition volontairement amputée (c’est-à-dire qu’il y a un trou dans la feuille) de certains de ses éléments. Par exemple : un collage représentant une scène où le protagoniste principal, qui doit avoir existé et être décédé (Martin Luther King en plein discours, je ne sais pas pourquoi je pense à ça mais ça peut avoir de la gueule), est privé de visage. Pourquoi pas un calque transparent portant un point d’interrogation ?
J’aime assez. Ça me semble séduisant et coller au sujet, mais j’ai besoin d’un peu de recul.
Le passage du temps peut également être observé par l’accumulation : au fil du temps, les choses se font de plus en plus nombreuses, une collection, la population mondiale, les cheveux sur la tête d’un bébé, les rides sur les joues d’un vieillard… Comment traduire cela plastiquement ?
Idée : un dégradé de papier-calque : la partie gauche du format est quasi-transparente mais plus l’on se dirige vers la droite, plus les couches de papier s’accumulent et rendent le format opaque. On pourrait ajouter une courbe de couleur suivant l’évolution du dégradé, et donc pourquoi pas ne pas faire quelque chose de linéaire.
Bon… Ça ira pour l’instant. Je vais laisser décanter un petit peu, le temps de m’atteler à mon dossier de recherches et j’y reviendrai tout à l’heure.